L’évolution du rapport aux savoirs numériques après la pandémie. Compétences et sentiment de compétence des enseignantes et enseignants
Colloque du CRIFPE
Communication orale
Thème(s)
Le développement, l’expérimentation et l’évaluation d’innovations pédagogiques et Compétences numériques et citoyenneté numérique
Résumé
Les malentendus entre école et numérique trouvent leur origine dans une combinaison de facteurs, certains concrets et d’autres de l’ordre des croyances. D’une part, l’insuffisance de moyens, ou l’absence de formation initiale et continue constituent des obstacles facilement observables et objectivables. Ces constats, appuyés par diverses études, montrent qu’en dépit des nombreuses initiatives gouvernementales l’intégration des technologies éducatives reste imparfaite à l’école. D’autre part, des représentations concernant le numérique éducatif renforcent ces difficultés. Ces perceptions doivent être analysées sous l’angle du genre, car le corps enseignant, majoritairement féminin, contraste fortement avec les métiers du numérique où les femmes ne représentent qu’environ 17 %. La crise du COVID-19 en 2020 a contraint le corps enseignant à utiliser le numérique en urgence, sans formation ni ressources, bouleversant les représentations. Le but de cet article est de voir ce qui reste des représentations genrées du numérique. Deux corpus – 1054 questionnaires et 24 entretiens semi-directifs – permettent d’étudier l’évolution de ce rapport avant et après la pandémie. Si on constate dans les questionnaires que les femmes ont un rapport au numérique plus serein après la pandémie, elles peinent dans les entretiens à se déclarer compétentes, contrairement aux hommes, et malgré des pratiques avérées.
Auteur·e·s
Université de Genève - Suisse
Informaticienne de formation, Isabelle Collet est Professeure de sciences de l’éducation à l’Université de Genève où elle dirige l'équipe G-RIRE : Genre - Rapports intersectionnels, Relation éducative.
Elle travaille depuis 20 ans sur la question du genre dans les sciences et techniques et a reçu en 2006 un prix de l’Académie française des sciences morales et politique. Elle explore maintenant plus largement la manière dont les différents rapports sociaux s'entrecroisent dans le domaine de l'éducation et la formation. Ses interventions auprès des futur·es enseigant·es et personnels éducatifs portent sur la mise en œuvre une véritable pédagogie de l’égalité. Elle a fondé et co-dirige la revue GEF : Genre, éducation, formation depuis 2017.
Séance
C-V109
Heure
2026-05-08 8 h 30
Durée
25 minutes
Salle
À venir