Relation entre affectivité et apprentissage : une étude psychophysiologique avec un jeu sérieux
Colloque du CRIFPE
Brève communication orale
Thème(s)
Le numérique éducatif, Le développement, l’expérimentation et l’évaluation d’innovations pédagogiques et Bien-être, charge de travail
Résumé
Cette étude examine la relation moment-par-moment entre l’affectivité et l’apprentissage de la physique mécanique au sein d’un jeu sérieux. Soixante-quatorze étudiants n’ayant pas suivi de cours de physique depuis le secondaire ont joué deux heures à Mecanika [1], tandis que leur activation psychophysiologique (activité électrodermale) et leur valence émotionnelle (EEG) étaient enregistrées à chaque seconde. Chaque niveau du jeu étant explicitement lié à un ou plusieurs concepts du Force Concept Inventory [2], il est possible de relier les trajectoires affectives en temps réel aux transitions du changement conceptuel [3] observées entre le prétest et le post-test.
Contrairement à plusieurs hypothèses théoriques, les émotions caractérisées par une activation élevée et une valence négative ne nuisent pas à l’apprentissage des lois de physique mécanique dans Mécanika[1]. Les analyses multiniveaux montrent plutôt que l’intensité affective moyenne est associée à la stabilité des conceptions scientifiques. Ces résultats suggèrent que les modèles actuels des émotions en contexte académique ne rendent pas entièrement compte des dynamiques affectives au sein d’activités prolongées et interactives.
Cette recherche contribue à une compréhension plus fine des interactions entre l’affectivité et l’apprentissage, et ouvre la voie à des outils éducatifs capables de s’adapter aux états émotionnels en temps réel des apprenants.
Auteur·e·s
Université du Québec à Montréal | Collège Montmorencey - Canada
Bianca Abbandonato, M.A., est professeure de mathématiques au Collège Montmorency où elle enseigne au niveau collégial depuis plus de 20 ans. Elle détient une maîtrise en éducation (UQAM) et un certificat en intervention psychosociale (UQAM). Ses recherches interdisciplinaires, à la croisée de l’éducation, de la psychologie et des neurosciences, portent sur la relation entre les émotions et l’apprentissage ainsi que sur les croyances qui les influencent. Elle s’intéresse aux stratégies pédagogiques favorisant la reconnaissance et la régulation des émotions, afin de soutenir des milieux d’apprentissage inclusifs et résilients.
Université du Québec à Montréal - Canada
Julien Mercier est professeur titulaire en informatique à l’Université du Québec à Montréal et dirige le NeuroLab, une infrastructure majeure financée par la Fondation Canadienne pour l’Innovation. Il travaille à la frontière entre la psychologie, les neurosciences et l’informatique cognitive dans l’évaluation et la conception d’applications informatisées d’aide à l’apprentissage et à la performance. Son programme de recherche appliquée mise sur ce qu’on peut appeler les « mesures en temps réel de l’affectivité et de la cognition » pour optimiser l’apprentissage et la performance en contexte d’utilisation d’applications technologiques. Ses études ont contribué à certaines retombées pour le champ de l’interaction humain-machine : passage du suivi de l’utilisateur de type pré-post vers un suivi en continu (à chaque seconde); et transposition de la notion de cognition distribuée à celle d’affectivité distribuée.
Séance
C-V103
Heure
2026-05-08 9 h 35
Durée
15 minutes
Salle
À venir