Quand le privilège empêche d’apprendre : ignorance active et colonialisme

Colloque du CRIFPE
Communication orale
Thème(s)
La formation à l’enseignement, Diversité ethnoculturelle, équité, diversité et inclusion (EDI), Savoirs autochtones et perspectives décoloniales et Enjeux politiques de l’éducation et justice scolaire
Symposium
Résumé
On associe souvent le privilège socio-économique au privilège dans la connaissance. Pourtant, en ce qui concerne les injustices sociales, ce sont celleux qui les subissent qui en ont souvent une meilleure compréhension alors que les privilégié.es sont insensibles à ces réalités (Medina 2013). Dans le programme Culture et citoyenneté québécoise (CCQ), l’annexe sur la prise en compte des réalités et perspectives autochtones met en garde les personnes enseignantes contre leurs biais et invite les élèves à « considére[r] les effets des biais sociocognitifs dans l’évaluation des savoirs ». Les mécanismes de résistance qui accompagnent fréquemment une positionnalité sociale de privilège sont profonds, souvent inconscients et constituent un obstacle majeur à la compréhension des controverses sociales liées au racisme et au colonialisme. Cette présentation aborde des obstacles absents des biais listés dans le programme CCQ : les procédés discursifs d’innocence blanche (Applebaum 2015) et de parler blanc (white talk) (Bailey 2015) ainsi que le biais d’ignorance active (Mills 1997, 2007; Medina 2013; Catala 2025) qui empêche les personnes en position de privilège de percevoir les structures de pouvoir et leurs impacts négatifs sur leur compréhension du monde. Ce n’est qu’en prenant conscience des limites épistémiques de sa positionnalité sociale que l’on peut ensuite accorder aux victimes d’injustices la confiance nécessaire pour apprendre d’elles par le dialogue.
Auteur·e·s
Gilles Beauchamp
Université du Québec à Trois-Rivières - Canada

Gilles Beauchamp est professeur adjoint en éthique professionnelle au département des sciences de l'éducation de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Ses recherches portent sur la dimension épistémique des enjeux liés à la diversité sous toutes ses formes - et particulièrement la diversité religieuse - dans notre société démocratique et pluraliste. Avant de se joindre à l'UQTR, Gilles a effectué un stage postdoctoral financé par le CRSH conjointement à la Chaire de recherche du Canada sur l’injustice et l’agentivité épistémiques, au Centre de recherche interdisciplinaire sur la diversité et la démocratie (CRIDAQ) et au Centre de recherche en éthique (CRÉ) sous la direction d’Amandine Catala. ​​Il est titulaire d'un doctorat en philosophie de l'Université McGill.

Séance
C-J305
Heure
2026-05-07 13 h 30
Durée
25 minutes
Salle
Montréal 8