HPI, un truc de blanc.he.s ?

Colloque du CRIFPE
Communication orale
Thème(s)
Enjeux politiques de l’éducation et justice scolaire
Symposium
Résumé
La figure de l’enfant « surdoué » fait peser sur l’école une injonction à l’octroi de privilèges attachés à des intelligences dites exceptionnelles. Je veux comprendre comment la race se constitue au cours du diagnostic HPI (haut potentiel intellectuel) chez les enfants, et les usages de distinction raciale de ce marqueur clinique. Mon approche est qualitative et repose sur deux matériaux : dix récits de vie auprès des familles/enseignant.e.s ; des observations-participantes lors des différentes rencontres cliniques qui permettent l’estampille. J’entends enrichir la littérature en montrant que, dans un contexte où le discours républicain légitime les prétentions à ne pas voir les couleurs, il existe des rapports de race qui structurent l’obtention du sésame clinique permettant de réclamer des privilèges à l’institution scolaire. Comment la représentation des rapports de race des familles et des enseignant.e.s façonne-t-elle la production et les usages du diagnostic en France ? Le marqueur HPI permet une distinction sociale, et raciale, pour les familles qui même si elles sont plutôt avantagées socialement, subissent des instabilités éducatives. Finalement, elles pourront faire un usage avantageux du diagnostic en réclamant à l’institution scolaire des privilèges éducatifs construits comme associé à l’intelligence, mais finalement également à leur position raciale.
Auteur·e·s
Lucas Krishnapillai
Université du Québec à Montréal - France

Lucas Krishnapillai est doctorant en sciences politiques à l'ENS-Ulm et à l'UQAM. Ses thèmes de recherches sont les rapports sociaux de race, la sociologie de mobilisations, la théorie politique antispéciste.

Séance
C-V119
Heure
2026-05-08 9 h 45
Durée
25 minutes
Salle
Outremont 5