Comment CCQ peut-il devenir un espace de citoyenneté critique, instituante et subversive ?
Colloque du CRIFPE
Communication orale
Thème(s)
Diversité ethnoculturelle, équité, diversité et inclusion (EDI) et Enjeux de durabilité et citoyenneté globale
Symposium
Résumé
Cette communication examine comment, et à quelles conditions, le programme Culture et citoyenneté québécoise (CCQ) pourrait devenir un véritable espace de citoyenneté critique, instituante et subversive. Nous montrons que CCQ semble s’inscrire dans un cadre idéologique marqué par un impératif d’adaptation (Stiegler, 2023), un nationalisme banal (Billig, 1995) et une conception dépolitisée ou domestiquée de la citoyenneté (Bozec, 2018 ; Condette, 2020 ; Gillespie, 2024). En évoquant les « balises qui encadrent la vie collective au Québec » (p. 16), les auteur·rices du programme semblent vouloir déterminer les conduites acceptables, invisibilisant ainsi certains rapports d’oppression et orientant la citoyenneté vers la cohésion plutôt que vers la transformation sociale. L’intégration de l’éthique et de la sociologie peut en effet être lue comme essentiellement normative. L’analyse comparée avec le programme de Sciences humaines au collégial révèle d’ailleurs une certaine cohérence dans le discours de l’État québécois à ce sujet. Dans un contexte de polycrises, de l’Anthropocène et de montée des discours autoritaires, nous soutenons que CCQ – mais surtout son enseignement – pourrait néanmoins contribuer à préparer les jeunes non seulement à problématiser les normes, mais aussi à reconnaitre et contester les structures d’oppression, créer des communs, développer des capabilités collectives (Deveaux, 2021) et exercer un pouvoir instituant réel. Les outils de la sociologie critique permettent déjà de soutenir ces finalités.
Auteur·e·s
Université du Québec en Outaouais | CRIFPE - Canada
Charles-Antoine Bachand, Ph. D. est professeur au département des sciences de l’éducation de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) et chercheur au Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE). Il enseigne l’histoire de l’éducation, la philosophie de l’éducation ainsi que la méthodologie de recherche. Ses travaux de recherche portent sur les fondements et sur les pratiques de l’éducation à la citoyenneté à visée émancipatrice en Anthropocène. S’inscrivant dans la tradition des sciences critiques, il explore les habiletés citoyennes que développent ou entretiennent les curriculums de formation. Il porte également son regard sur les pratiques pédagogiques en enseignement supérieur et dans le domaine de l’éducation populaire. De 2022 à 2024, avec des collègues de cinq universités du Québec, il a codirigé le projet inédit Mettre en place des enseignements et des formations aux enjeux de l’environnement et du développement durable pour les futur·es enseignant·es.
Séance
C-J405
Heure
2026-05-07 15 h 40
Durée
25 minutes
Salle
Montréal 8