Quand les politiques linguistiques redessinent l’école : les effets possibles du retrait des services d’interprétariat pour les élèves et leur famille
Colloque du CRIFPE
Communication orale
Thème(s)
Enjeux politiques de l’éducation et justice scolaire et Gestion scolaire et gouvernance
Symposium
Résumé
Dans un contexte scolaire montréalais marqué par une diversité linguistique croissante, les services d’interprétariat constituent une mesure essentielle d’équité éducative (Borri-Anadon et al., soumis). Ils permettent d’assurer la collaboration entre l’école et les familles notamment pour soutenir l’évaluation des besoins des élèves nouvellement arrivés et de garantir la participation des parents aux décisions éducatives. Or, depuis 2021, l’accès à ces services s’est considérablement réduit en raison de transformations organisationnelles et politiques, notamment le retrait de la banque d’interprètes interrégionale et l’adoption de nouvelles obligations linguistiques limitant l’usage de langues autres que le français dans l’espace scolaire (Loi 14). Cette communication se base sur les résultats d’une analyse descriptive des demandes d’interprétariat soutenues entre 2012 et 2021 par le programme Une école montréalaise pour tous (Borri-Anadon et Charette, 2023). Les résultats montrent l’ampleur, la diversité et la constance des besoins, ainsi que leur ancrage dans des pratiques éducatives et professionnelles variées. Alors que les politiques actuelles tendent à restreindre l’accès à ces services, nos résultats soulèvent des enjeux majeurs de cohérence intra et intersectorielle entre politiques éducatives et linguistiques (Savard, 2010), ainsi que des risques accrus d’inégalités pour les élèves nouvellement arrivés ou en apprentissage du français.
Auteur·e·s
Université du Québec à Montréal - Canada
Renaud Goyer est professeur à l'École de travail social de l'UQAM en politiques et programmes sociaux. Il s'intéresse aux enjeux de justice et de contrôle social au sein des politiques sociales mais également au rôle des politiques éducatives dans les régimes de citoyenneté.
Université du Québec à Trois-Rivières - Canada
Corina Borri-Anadon est professeure titulaire au Département des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), directrice du Laboratoire Éducation et Diversité en région (LEDIR) et membre de l’Équipe Inclusion et diversité ethnoculturelle en éducation (IDEÉ) et du Laboratoire international sur l’inclusion scolaire (LISIS). Ses travaux interrogent à la fois le champ de l’adaptation scolaire et celui de la prise en compte de la diversité ethnoculturelle et linguistique en contextes éducatifs en s’intéressant aux enjeux de la mise en œuvre de pratiques d’équité destinées aux élèves issus de l’immigration, racisés ou autochtones et à la formation initiale et continue des acteurs éducatifs et des actrices éducatives à cet égard.
Université du Québec à Montréal - Canada
Josée Charette est professeure au Département d’éducation et formation spécialisée de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Montréal. Ses recherches portent sur les dynamiques de collaborations école-familles immigrantes-communauté et les rôles de différents protagonistes dans ces collaborations. Elle s’intéresse aussi à l’expérience socioscolaire des élèves et des parents issus de l’immigration récente ainsi qu’aux pratiques mises en place par les milieux scolaires et communautaires pour soutenir cette expérience. Avant d'enseigner à l'Université, Josée Charette a enseigné au primaire et secondaire, elle a aussi été chargée de projet au ministère de l'Éducation à la Direction de l'intégration linguistique et de l'éducation interculturelle.
Séance
C-J320
Heure
2026-05-07 13 h 30
Durée
20 minutes
Salle
Saint-Laurent 5